Le DPE et la location courte durée : ce qu’il faut savoir
Le DPE est un indicateur obligatoire qui classe les logements selon leur consommation énergétique et leur impact environnemental. Plus qu’un simple document technique, il influence la valorisation du bien et ses perspectives de location. Il est donc crucial de bien saisir les implications de cette nouvelle réglementation afin d’assurer la continuité de votre activité de location de chalets.
Une exonération partielle pour les locations saisonnières
Les résidences principales ou secondaires louées en courte durée (par exemple, en location saisonnière) ne sont pas concernées par l’obligation de DPE, tant que la location reste occasionnelle et ne dépasse pas 120 jours cumulés par an.
Cette règle repose sur l’article L324-1-1 du Code du tourisme, qui fixe ce seuil pour les résidences principales, et l’admet également comme référence pour les usages ponctuels de résidences secondaires.
En revanche, au-delà de 120 jours de location par an, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire, le bien peut être considéré comme mis en location de manière régulière ou commerciale.
Dans ce cas, les administrations locales peuvent décider de requalifier le logement en location meublée classique, ce qui rend alors le DPE obligatoire, en accord avec l’article L126-28 du Code de la construction et de l’habitation.
Vers une interdiction progressive des logements énergivores
Les logements classés G sont donc techniquement interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Ce sera le cas des logements classés F en 2028, puis des logements classés E en 2035. Il est donc nécessaire d’anticiper au maximum les investissements de rénovation pour se mettre en conformité à temps.
Pourquoi les chalets sont-ils concernés par le DPE ?
Les chalets de montagne présentent des caractéristiques particulières qui influencent leur performance énergétique. Construits majoritairement en bois, ils bénéficient d’une bonne isolation naturelle, mais sont souvent équipés de systèmes de chauffage énergivores. Le climat rigoureux des stations de ski accentue la consommation d’énergie, notamment pour maintenir un niveau de confort optimal en période hivernale. Or, le DPE applique les mêmes critères de classification à tous les types de biens, sans tenir compte de l’environnement et des conditions climatiques.
Selon une étude relayée par My Sweet Immo, près de 50 % des logements situés dans des stations de ski (incluant notamment les appartements vieillissants) sont classés F ou G, ce qui souligne la nécessité pour ces hébergements de se mettre en conformité le plus rapidement possible.
Comment améliorer la performance énergétique de son chalet ?
L’amélioration du DPE passe principalement par une rénovation thermique efficace. Renforcer l’isolation des combles et des murs permet de limiter les pertes de chaleur et de réduire la consommation d’énergie. Le remplacement des ouvertures par du double ou triple vitrage est également une solution efficace pour éviter les déperditions thermiques.
D’un point de vue énergétique, il est judicieux d’opter pour des systèmes de chauffage plus performants. L’installation d’une pompe à chaleur air-eau ou air-air permet de diminuer la consommation d’électricité tout en assurant un confort optimal en hiver. Les poêles à granulés et les chaudières biomasse sont aussi des alternatives écologiques adaptées aux chalets.
Enfin, l’intégration d’énergies renouvelables, comme les panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, peut constituer un levier intéressant pour améliorer le classement DPE tout en réduisant les coûts énergétiques sur le long terme.
Pour plus de conseils, lisez notre article : « 7 conseils pour rendre votre chalet plus durable ».
La rénovation énergétique : un investissement rentable
Si les coûts initiaux d’une rénovation énergétique peuvent sembler élevés, il est important de les considérer comme un investissement à long terme. Par exemple, une isolation efficace peut réduire la consommation énergétique d’un chalet de 30 à 50 %, permettant d’économiser plusieurs centaines d’euros par an sur la facture de chauffage.
De même, l’installation d’une pompe à chaleur peut diviser par trois la consommation énergétique par rapport à un chauffage électrique classique, générant ainsi une économie de plus de 1 000 euros par an selon la taille du chalet.
D’après l’Ademe, un logement bien rénové peut voir sa valeur augmenter de 5 à 15 % sur le marché immobilier, rendant ainsi l’investissement non seulement rentable en matière d’économie d’énergie mais aussi en cas de revente du bien.
Trouver un professionnel certifié et choisir une entreprise spécialisée en rénovation énergétique
Trouver un professionnel certifié pour réaliser son DPE
Réaliser un DPE fiable et conforme aux exigences légales nécessite l’intervention d’un diagnostiqueur certifié. Il est possible de trouver un professionnel qualifié via le site du ministère de la Transition écologique ou encore sur le site de l’Ademe. Des plateformes spécialisées comme AlloDiagnostic ou Diagamter proposent également des services de diagnostic adaptés aux chalets de montagne.
Comment trouver une entreprise spécialisée en rénovation énergétique
Trouver une entreprise compétente pour la rénovation énergétique de son chalet peut être un défi, mais plusieurs critères permettent d’orienter son choix. Il est essentiel de privilégier des professionnels certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), car cette certification garantit un travail conforme aux exigences écologiques et permet d’accéder à certaines aides financières.
Vous pouvez commencer vos recherches via des plateformes spécialisées telles que France Rénov’, qui répertorie des entreprises qualifiées dans chaque région. Il est également recommandé de consulter les avis clients en ligne et de demander plusieurs devis pour comparer les prestations et les tarifs.
Faire appel à des entreprises locales présente aussi des avantages, celles-ci ayant notamment une meilleure connaissance des spécificités climatiques des chalets de montagne. Parmi les entreprises reconnues dans le domaine, on retrouve les suivantes :
- Klimat : spécialisée dans la rénovation énergétique des chalets en altitude, avec des solutions adaptées aux conditions extrêmes.
- Eco-Rénov’ Montagne : réseau d’artisans qualifiés en isolation, chauffage et ventilation adaptés aux logements montagnards.
- Alpes Eco Solutions : expertise en rénovation durable en haute altitude, mettant l’accent sur les matériaux écologiques.
- Groupe ISERMATIC : acteur majeur dans l’amélioration énergétique des habitations en Savoie et Haute-Savoie.
- Artisans locaux : solliciter des entreprises régionales assure un suivi plus personnalisé et une bonne connaissance des réglementations locales.
Pour plus de conseils, lisez notre article : « Tout savoir sur la rénovation d’un chalet alpin ».
Conclusion
Si vous êtes propriétaire d’un chalet que vous louez plus de 120 jours par an au total, nous vous conseillons de faire réaliser un diagnostic de performance énergétique (DPE). Pour cela, vous pouvez faire appel à un professionnel certifié, que vous pourrez notamment trouver via le site du ministère de la Transition écologique ou celui de l’ADEME.
Si votre chalet est classé G, des travaux de rénovation énergétique seront nécessaires pour continuer à le louer en toute légalité – le diagnostiqueur pourra vous indiquer les améliorations à envisager. En cas de classement F, vous avez jusqu’à 2028 pour entreprendre les travaux nécessaires.
Même si ces réglementations peuvent sembler contraignantes, elles sont aussi une opportunité de réduire vos consommations d’énergie et vos coûts à moyen et long terme.
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